Actualités

Exposition
« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »

Du 10 septembre au 2 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »






dimanche 11 septembre 2016

« Il ne faut jurer de rien » (Alfred de Musset)


Suivant les régimes le Maire et les Conseillers municipaux furent tantôt nommés, tantôt élus.

En 1800, sous le Consulat, ils furent nommés pour leur civisme et leur intelligence par le préfet. Nous sommes encore sous la Révolution ; le serment est bref : « Salut et Fraternité. »

De 1804 à 1814, sous Napoléon I, on ne trouve aucun serment prêté.

Mais quand il part pour l’île d’Elbe (avril 1814) et que Louis XVIII monte sur le trône et les Conseillers doivent prêter le serment suivant :

Je jure et promets à Dieu obéissance et fidélité au Roy, de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue qui soit contraire à son autorité et si, dans le ressort de mes fonctions, ou ailleurs, j’apprends qu’il se trame quelque chose à son préjudice, je le ferais connaître au Roy.

Ce serment n’est que la reprise des articles VI et VII du Concordat signé en 1801 entre le citoyen premier Consul et la Pape Pie VII :

VI. Les évêques, avant d'entrer en fonctions, prêteront directement, entre les mains du premier Consul, le serment de fidélité qui était en usage avant le changement de gouvernement, exprimé dans les termes suivants :
« Je jure et promets à Dieu, sur les saints évangiles, de garder obéissance et fidélité au Gouvernement établi par la Constitution de la République française. Je promets aussi de n'avoir »aucune intelligence, de n'assister à aucun conseil, de n'entretenir aucune ligue, soit au-dedans, soit au-dehors, qui soit contraire à la tranquillité publique ; et si, dans mon diocèse ou ailleurs, j'apprends qu'il »se trame quelque chose au préjudice de l'État, je le ferai savoir au Gouvernement. »

VII. Les ecclésiastiques du second ordre prêteront le même serment entre les mains des autorités civiles désignées par le Gouvernement.
Quand Napoléon 1er revient  en mars 1815, il fait prêter le serment suivant:

Je jure obéissance aux constitutions de l’Empire et fidélité à l’Empereur.

Après Waterloo, Louis XVIII revient et, à nouveau, les Conseillers sont soumis à un nouveau serment en mai 1816

Je jure et promets à Dieu de garder obéissance et fidélité au Roy, de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue qui soit contraire à son autorité et si, dans le ressort de mes fonctions, ou ailleurs, j’apprends qu’il se trame quelque chose à son préjudice, je le ferais connaître au Roy.

Vous remarquerez que devant la volte-face des Français, on jure de garder obéissance

En 1821, pour l’installation des nouveaux Conseils municipaux, le serment change :

Je jure fidélité au Roy, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume

Il n’est plus fait référence à Dieu et si on garde sa fidélité au Roi, c’est à la Charte constitutionnelle et aux lois qu’il faut obéir.

En 1830,  Louis-Philippe remplace brutalement Charles X :

Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume.

Il s’agit du Roi-des-Français et non plus du Roi-de-France: Le souverain gouverne un peuple et non plus un territoire.

D’après la loi du 31 août 1830, tous les fonctionnaires publics étaient tenus de prêter serment envers le pouvoir. Le maire et les adjoints  aussi. Aujourd’hui, il y a encore un très grand nombre de personnes qui sont persuadés que cette loi s’applique toujours.

Il y a, aujourd’hui, des prestations de serment pour exercer dans un certain nombre de professions, mais ce sont des promesses de bien exécuter son travail selon la déontologie.

1848 : c’est le II° République et en mai 1852, le 9 mai, Louis-Napoléon est élu prince-Président de la République.

Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au Président.

Puis Louis-Napoléon devenu Empereur le 2 décembre 1852. Le serment devient :

Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l’Empereur

 En Juillet 1870, il y a de nouvelles élections municipales. Des Conseils se réunissent et prêtent serment (le 29 août à Milly)

Beaucoup ne se réuniront qu’après le 4 septembre et les Conseils ne savent pas ce qu’il faut faire.

Certain reprendront (par prudence?) le serment à l’Empereur. D’autres, celui au Prince président, ou encore à Maisse :

A Soisy sur Ecole


A Videlles :


Beaucoup ne feront rien, car il n’y avait rien à faire

Il y eut des élections municipales, à Milly comme ailleurs, les 30 avril et 7 mai 1871. Les Assemblées procédèrent par bulletin secret au vote pour la nomination du maire et de l’adjoint.

Depuis, il n’y a plus de prestation de serment. La liberté de conscience promise dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 commence à pénétrer les institutions. Plus de 80 ans d’attente. Ne critiquons pas trop vite les autres pays pour qui c’est une idée neuve.
Maurice GELBARD

lundi 5 septembre 2016

Exposition : Le Patrimoine religieux de Milly-la-Forêt et de la Communauté de Communes des 2 Vallées



Cette année l’association « Les Amis de Milly-en-Gâtinais
et
Environs » (LAMGE) vous présentera à l’Espace Culturel du
Moustier du 10 septembre au 2 octobre 2016 une exposition
sur le riche patrimoine religieux des villages de la
Communauté de Communes des 2 Vallées.

Alors qu’Aurore Poret effectuait les recherches historiques sur les
églises de Boigneville, Boutigny-sur-Essonne, Buno-Bonnevaux,
Courances, Courdimanche, Dannemois, Gironville, Maisse,
Milly-la-Forêt, Moigny, Mondeville, Oncy-sur-Ecole, Prunay-sur-Essonne,
Soisy-sur-Ecole et de Videlles, Quentin Kheyap accompagné
de quelques autres photographes de LAMGE ont revisité ces
édifices pour nous offrir de très belles photos.




A cette occasion, notre association éditera son cinquième livre.



dimanche 28 février 2016

La chasse aux lions dans la région de Milly


Au rendez-vous de chasse du Bois-Rond, près d'Achères (Seine-et-Marne ), situé sur la route d'Arbonne à Achères, en un site magnifique, dans un paysage accidenté de bois et de rochers, est établi depuis peu d'années une installation pour films cinématographique. Un important espace de bois et de roches est entouré de grillages ; dans l'enceinte, des panneaux de bois représentent des chalets, un quartier africain avec palmiers et tout le décor de ces lointains pays. On a déjà chassé, au Bois-Rond, la hyène, la panthère et le lion, et au moment précis voulu, un habile tireur foudroyait ces fauves d'une balle.
NOISY sur ECOLE - Bois Rond - Rocher où fut tué le lion d Artagnan
La semaine dernière encore, de grandes chasse aux lions furent organisées. Il vint pour cette séance un important personnel ; 3 fauves devaient être tués aux différents dénouements de l'action de ces chasses. Or, aux premiers jour de la semaine, le programme se déroula bien comme il était prévu, mais jeudi il subit une modification sur laquelle les organisateurs n'avaient pas compté et qui aurait pu tourner au tragique.
Trois lions et lionnes franchirent tout à coup les clôtures et voulurent aller faire tout comme de simples touristes leur promenade en forêt. Ce fut alors, la vraie chasse que les films malheureusement ne produisirent pas. Après une poursuite qui ne fut pas sans émotion, les habiles tireurs attachés à l'entreprise purent coucher à terre les dangereux évadés avant qu'ils n'aient pus jeter la panique dans le pays, et que ne leur soit venue l'idée de venir faire un tour au marché de Milly. Cet incident qui a causé une grosse perte aux organisateurs de cette entreprise, fit aussi passer un moment assez palpitant aux acteurs et aux curieux.

Vendredi dernier, la mise en scène représentait des caravanes au Congo et au Soudan. Il y eut quantité de personnages casqués, habillés de kaki, de chevaux montés, harnachés de bâts à bagages,et de nègres, une vingtaine de vrais nègres, attifés comme ils le sont en pays d'origine, les uns conduisant des chevaux en mains, d'autres portant des ballots ; le défilé dura longtemps en différents sens dans l'enclos, puis il remonta vers les sablons.

On nous dit que tous les jours de nombreux curieux vont au Bois-Rond, distant de Milly, par Arbonne, d'environ 11 kilomètres. On peut s'y rendre encore par voiture, s'adresser alors à M. Perrot. On peut enfin prendre le tramway Milly-Melun pour la gare d'Arbonne, avec trajet à pied de cette gare d'environ 3 kilomètres. Les bons marcheurs sont libres de descendre à l’arrêt des grandes vallées ou d'aller à pied de Milly par chemin forestier, ce chemin étant de beaucoup le plus court. Dernier et intéressant détail : on trouve au  Bois-Rond, chez le garde Petit, bonne chair et bons rafraîchissements.

Le lion d'Artagnan quelques instants avant sa mise à mort lors du fim "Dans la Brousse" en janvier 1912 

Affiche du film "Dans la Brousse"


 Source : Abeille d'Étampes 26.04.1913
Merci à Jérôme LIMERY de nous avoir fait découvrir cet article

dimanche 13 décembre 2015

6ème Salon multi-collections de Milly-la-Forêt


L'association Philatélique et Cartophile de Milly-la-Forêt et Environs organise son 6ème Salon multi-collections le dimanche 20 décembre 2015.
 
Comme chaque année, il se tiendra au Gymnase du collège Jean Rostand, 18 rue de l’Hermite. Le public sera accueilli de 8h30 à 17h30.

 L’entrée est gratuite.

 Une buvette et une restauration rapide seront disponibles sur place.
 
Le salon regroupera une quarantaine d'exposants professionnels et amateurs.

Les collections les plus variées y seront proposées : timbres, cartes postales, monnaies, vieux papiers, capsules de champagne, cartes téléphoniques, fèves, flacons de parfum, disques, livres et autres objets de collection.
 
Conjointement au Salon multi-collections, une exposition de l’Atelier photos de Milly-la-Forêt sera installée, ainsi que des documents des Amis de Milly en Gâtinais et Environs.
 
Dans la salle, vous ne pourrez pas manquer le stand de l’APCME qui aura le plaisir de vous présenter ses activités liées aux timbres et aux cartes postales, ainsi que le stand de LAMGE où vous pourrez acquérir nos différentes publications.

 
 

dimanche 1 novembre 2015

Crash d'un avion d'Air France à Dannemois


Un quadrimoteur « Vickers 708 Viscount » d’Air France, immatriculé F-BGNK, s’est écrasé en flamme à 10h10 le mercredi 12 décembre 1956, non loin de Milly-la-Forêt à Dannemois au lieu-dit Château-Vert, causant la mort des cinq membres d’équipage.
Vickers 708 Viscount
L’appareil avait décollé d’Orly quelques minutes avant la catastrophe pour effectuer un vol d’entrainement à destination de Reims, pour permettre à trois pilotes MM. Calsy, Brunot, Nicolai de s’habituer à ce type de quadrimoteur. Il avait également à son bord MM. Marchandise, pilote instructeur et Heymard, contrôleur au centre d’instruction de Vilgenis. A 9h58, il passa à la tour de contrôle son dernier message demandant l’autorisation de monter à 1500 mètres. Il devait d’après les instructions de la direction de la navigation aérienne en passer un autre vers 10h10. Celui-ci, ne fut jamais transmis, l’avion s’était écrasé pour des causes inconnues dans les bois de Dannemois près d’une cabane où un ouvrier de la dérivation des eaux de la Ville de Paris, M. Henri Bourgeois, de Soisy-sur-Ecole, réparait une serrure.

Ce dernier a déclaré :
« L’avion volait au ras des arbres, en flammes, soudain, il a piqué presque à la verticale, puis s’est écrasé et a explosé au sol. »
Un autre ouvrier du même service, M. Maurice Bouret, également de Soisy-sur-Ecole, travaillait un peu plus loin et nous a dit :
« J’ai cru que mes deux camarades avaient été pris sous l’avion qui, en s’écrasant au sol, a fait une gerbe de feu de plus de 100 mètres de haut. Si l’appareil s’était écrasé quelques mètres plus à gauche, il aurait défoncé l’aqueduc de la Vanne, qui passe sous nos pieds. »
Au début de l’après-midi, tandis que M. Bellonte, inspecteur général de l’aviation civile, spécialement chargé des accidents et le procureur de la République accompagnés de M. Collevet, juge d’instruction, arrivaient sur les lieux, les sauveteurs erraient dans la clairière dont le sol était imbibé de kérosène.
Aux branches des arbres, sur le sol, des morceaux de tôles noircies trainaient, parmi d’autres débris, où il était impossible de reconnaitre même un moteur.

Les enquêteurs ont interrogé un témoin qui n’étant pas dans les bois comme les ouvriers de la Ville de Paris, et ayant une meilleur visibilité, a pu suivre presque de bout en bout la chute du Viscount. M. Martial de Dannemois a fait le récit de ce qu’il a pu voir :
« Je labourais mon champ à 300 mètres du bois, lorsque j’ai entendu un hurlement aigu. J’ai cru que j’allais voir un avion à réaction et entendre le bang caractéristique. Mais soudain, alors que je fixais un amas de nuage, j’ai vu jaillir une énorme boule de feu. Elle piquait droit au sol, à une vitesse vertigineuse. Quelques secondes plus tard une formidable explosion a secoué le bois. Une flamme haute de 100 mètres a jailli, puis le silence s’est abattu sur les lieux du terrible accident. Je me suis immédiatement précipité sur les lieux, mais je n’ai trouvé que des débris de ferraille calcinés et tordus. Ils jonchaient le sol avec des lambeaux d’étoffe et des papiers calcinés. J’ai alors compris qu’il n’y avait plus rien à faire, plus personne à sauver. J’ai attaché mes chevaux et je suis allé au pays donner l’alerte. »
La perte de contrôle a été donné comme raison de l'accident mais cela n'a jamais pu être établie avec certitude.

Sources : Le Républicain du 21 décembre 1956.

dimanche 4 octobre 2015

Mortier de tranchée « crapouillot »


Par arrêté de M. le sous-secrétaire d'État aux finances, chargé de la liquidation des stocks, en date du 4 septembre 1920, il a été consenti à la commune de Milly, la cession gratuite de deux canons de tranchée provenant des prises de guerre à titre de trophées.
.

En lisant les lignes ci-dessus, il ne manquera pas d'habitants de Milly qui se feront cette réflexion : « Nous sommes assurés de canons c'est déjà quelque chose ; il ne manque plus maintenant que le monument. »

Mais que l'on se rassure ; il paraît que le choix de la commission s'est presque définitivement arrêté sur un modèle où figure un poilu « qui se pose un peu là. » !

 L’Abeille d'Étampes du 18.09.1920 

A l’automne 1914, le front se stabilise et les belligérants s’installent dans une guerre de position. Les soldats se terrent dans des tranchées. Si les Allemands possèdent une artillerie à tir courbe adaptée à ce type de combat (Minenwerfer de 17 et 25 cm de calibre), les Français en sont dépourvus. Après avoir utilisé de vieux mortiers en bronze et des engins rudimentaires, l’armée adopte plusieurs matériels adaptés aux tranchées, dont le plus convaincant sera le mortier de 58 mm T. n° 2, le "T" signifiant "tranchée".

Il faut en effet attendre le printemps 1915 et les travaux du commandant Duchêne afin que l'infanterie française soit dotée d'une artillerie de tranchée puissante et portable. L’objectif est simple : les tirs doivent atteindre, depuis une tranchée et par un tir courbe, l'intérieur d'une autre tranchée, action qu'un canon de campagne de 75 mm ne peut effectuer.

Les mortiers de 50 lancent des bombes à grande capacité d'explosif. La bombe est munie d'une queue du calibre de 58, qui pénètre seule dans l’âme ; la bombe est en dehors du mortier. Des ailettes assurent sa stabilité sur la trajectoire. Plus aisé d'utilisation que les précédents, et surtout plus robuste, ce modèle s'imposera dans l'artillerie de tranchée côté français pendant toute la durée de la guerre.

Du fait de sa morphologie, les soldats le surnomment "crapouillot" ou petit crapaud.


Les munitions

Bombes en acier 3 ailettes
6 kg d'explosif
Poids du projectile 16 kg
Portée du projectile 650 m

Bombes en acier 3 ailettes
10,5 kg d'explosif
Poids du projectile 40 kg
Portée du projectile 445 m

Bombes en acier 6 ailettes LS
5,35 kg d'explosif
Poids du projectile 18 kg
Portée du projectile 930 m




Bombes en acier 6 ailettes DLS

10 kg d'explosif
Poids du projectile 35 kg
Portée du projectile 550 m





Le peloton de pièce se compose de :
1 brigadier : 1 chef de pièce
4 servants : 1 pointeur-tireur, 1 chargeur, 1 npourvoyeur en projectiles, 1 pourvoyeur en gargousses
.
Effets sur le personnel :
Les effets du souffle des projectiles tirés sans retard se font sentir jusqu'à une dizaine de mètres du point de chute.
Les éclats sont dangereux jusqu'à 300 mètres pour les petites bombes, 500 mètres pour les grosses bombes.
.
Emploi des mortiers de 58 t.
Les mortiers de 58 sont des engins d'attaque qui ont pour mission principale de détruire les organisations de l'ennemi les plus rapprochées des lignes.
Dans l'offensive, leur rôle sera de ruiner tous les obstacles qui pourraient gêner la marche de notre infanterie : en  particulier les réseaux de fils de fer et les organes de flanquement.
Dans la défensive, ils seront employés à détruire les organisations d'attaque de l'adversaire ; saillants, têtes de sape, installations pour les gaz asphyxiants, postes d'écoute, etc.

.
Procédé de pointage de pièce
.
Jérôme LIMERY







jeudi 10 septembre 2015

D'une libération à l'autre


Par une exposition, notre association a célébré le 71° anniversaire de la libération de Milly de l'occupation nazie.

144 ans plus tôt, le canton était libéré d'une autre occupation militaire due à la défaite des armées impériales contre la Prusse.

Le maire de Dannemois écrira que « dès les premiers jours de septembre 1870, les habitants ... se sont vivement émus à la vue de l'émigration presque générale qui avait lieu parmi les plus forts  cultivateurs qui abandonnaient leurs domicile et qui se retiraient de l'autre côté de la Loire. C'est ainsi que la route départementale n° 30 d'Argent à Champrosay, et celle n° 54 de Melun à Milly étaient constamment encombrées de voitures chargées de provisions, suivis de troupeaux de moutons, vaches et chevaux emmenés par leurs propriétaires qui devant les troupes ennemies et qui abandonnaient les villes et les environs de Meaux, Tournan, Coulommiers, Brie-comte-Robert, Melun, Corbeil etc. 

Les émigrants logeaient où ils pouvaient, tantôt dans l'intérieur des villages ou bourgs, tantôt en dehors, selon la possibilité de le faire. C'est ainsi que les halles, places publiques et promenades de Milly, Malesherbes, Pithiviers, Orléans, etc. se trouvèrent encombrées de ces voyageurs avec leur matériel de culture. »

D'un certain côté, heureusement que les routes dont il est question avaient été, vingt ans plus tôt, « redressées »  et élargies, frappant d'alignement les maisons des villages traversés.

 Le Conseil municipal de Soisy sur Ecole décidait, quant à lui, dans une décision du 16 septembre 1870 que «Dans les circonstances de guerre où nous nous trouvons, il est du devoir de tous les Français de se secourir mutuellement.

Le maire est autorisé à donner des secours à tous Français qui justifiera en avoir besoin et décide à l'avance que les dépenses occasionnées par cette mesure seront acquittées aussitôt que possible sur les premiers fonds libres de la commune. »

Très rapidement, le département fut occupé et les armées ennemies réquisitionnèrent de quoi alimenter leurs hommes et leurs chevaux. La pénurie provoqua un afflux de commerçants à Milly qui obligea la municipalité à édicter, en date du 16 octobre 1870 ; « Des marchands revendeurs, ainsi que d'autres personnes non patentées et étrangères à la localité, enlèvent une grande partie des marchandises aussitôt qu'elles sont exposées sur le marché, notamment le beurre, de sorte que l'approvisionnement pour les habitants de Milly devient difficile et coûteux. …..

Le Conseil municipal, à l'unanimité, décide qu'il y a urgence de faire cesser cet état de choses par un arrêté qui interdira aux marchands revendeurs d'acheter sur le marché, des denrées alimentaires avant une heure de l'après-midi. »



Cette priorité des uns par rapport aux autres se retrouve également dans arrêté municipal de Milly en date du 25 novembre 1843 sur la police des Foires et Marchés où l'on pouvait lire :

Article 9 : Les enfants et autres personnes indigentes ne peuvent, sans permis du Maire, balayer et ramasser les grains et grenailles qu'après le marché entièrement fini ; il est interdit à toute autre personne de balayer et ramasser lesdits grains, ce droit étant réservé aux indigents de la ville porteurs d'une permission.

 Article 10 : Les habitants propriétaires de volailles, canards, oies, dindons, etc., ne peuvent les lâcher et laisser courir sur la place du marché qu'après le balayage de cette place.

 

Cette réglementation sera renouvelée le 23 septembre 1861.

Puis la République fera en sorte que les bureaux de bienfaisance institués par la Révolution soient plus efficaces. Ces derniers ont été remplacés par les CCAS.