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Exposition
« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »

Du 10 septembre au 2 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »






samedi 4 décembre 2010

Jean-Charles

De son vrai nom Jean Louis Marcel Charles, Jean Charles est né le 2 décembre 1922 à Saint-Aulaye (Dordogne).


Fils de marchand de biens, il fut professeur, surveillant, speaker à la radio, employé de comptoir en Afrique Noire, commissaire de bord sur un bateau-usine, garçon de course à l'ONU (1942-51), journaliste (1952), puis écrivain", résumait-il dans le Who's Who France. A la rubrique "sport favori", il avait mis "sieste", jugé pas assez sérieux, il n'a donc subsisté que la mention "tennis de table", dont il était grand amateur et de haut niveau.

Il écrivit d'abord Les Perles du facteur (1959), mais c'est La Foire aux cancres qui le consacra en 1962. "La Foire aux cancres a été tiré à plus d'un million d'exemplaires, deux millions avec les traductions (en une vingtaine de langues), en chinois, en japonais... sauf en anglais. Les Anglais n'en ont pas voulu", a déclaré à l'AFP Jehanne Jean-Charles, son épouse et elle même auteur.

"Il l'avait rédigé comme un pamphlet contre l'enseignement, contre ce programme scolaire très inadapté, mais l'ouvrage a eu un tel succès et fait tellement rire que c'est totalement passé inaperçu. Un seul l'avait compris, Jean Cocteau", se souvient-elle.

"Jean Cocteau lui avait écrit : « l'admirable, c'est ce programme que vous avez dénoncé et qui est toujours d'actualité », et il lui avait dit qu'il avait su discerner la poésie chez les enfants".

Parmi les perles de "La Foire aux cancres" : "L'Australie est située aux antilopes de la France", "Les trois grandes époques de l'humanité sont l'âge de la pierre, l'âge du bronze et l'âge de la retraite", "Principe d'Archimède : tout corps plongé dans un liquide en ressort mouillé".


Après "La Foire aux cancres", il produisit de nombreux recueils de "perles" et autre variantes dans le registre de l'humour : Foire aux assurances, aux antiquités, Vingt cancres après, Le rire c'est la santé, ainsi que "Meurtres sur carte postale", un policier, et "Phama, prix Goncourt", un roman.

Parmi ses derniers ouvrages, "Pièges et malices du savoir-vivre" (1994), "Ou est donc ma femme" (1999) et "Vive le Lot". Il avait pratiquement achevé "Vive les centenaires".

Jean Charles, grand collectionneur de cartes postales, a habité plus de vingt ans à la Cancrerie à Oncy sur Ecole.


Jean Charles est décédé à Cahors le 21 juin 2003.

La rue du Roussay à Milly le Forêt


Cette rue qui passe devant le château du même nom est l’ancien grand chemin de Maisse à Milly.

A gauche de l’avenue existait une mare et au coin du parc, à la rue Pachau, se trouvait un pont dit « Pont de la Loquette » sous lequel passait le « ru du Roussay » qui longeait les murs du parc. Dans la partie aujourd’hui englobée dans le Roussay se dressait au sommet d’une éminence de terre la « Croix Boissy » qui fut démolie le 27 Pluviôse an II, à « l’exception de trois emmanchures qui soutiennent la colonne ». Il ne reste aujourd’hui qu’un piédestal sculpté sur les quatre faces, d’animaux symboliques, art barbare, du commencement du XIe siècle. C’est certainement le piédestal le plus ancien de la région. Les processions s’y arrêtaient ainsi que les enterrements lorsque le service se faisait à bras.

Le château du Roussay est une construction moderne édifiée sur l’emplacement d’un ancien château seigneurial dont le parc fut dessiné par Le Nôtre. Ce château lui-même avait été édifié sur les ruines d’une « villa » romaine. On a d’ailleurs trouvé de nombreuses monnaies et médailles romaines à cet endroit.



L’ancien château s’élevait en bordure de la rue. On entrait par une porte cochère dans une grande cour bordée de bâtiments très importants. Derrière se trouvait un grand parterre qui se terminait sur une pièce d’eau d’où partait une avenue de « 25 pieds de large » qui se continuait jusque dans les bois de Boutigny. Le parc était une petite merveille. Le Roussay était autrefois un fief noble, mouvant de la Baronnie de Milly. Les propriétaires s’appelaient « seigneurs du Roussay ».


Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

jeudi 11 novembre 2010

Nouvelles cartes postales de Milly-la-Forêt


Depuis le début du mois de novembre, ces deux nouvelles cartes postales sont vendues au profit de la Paroisse de l'Eglise Notre-Dame de Milly. Ces cartes de collection ont été éditées à 500 exemplaires.



dimanche 7 novembre 2010

L’exposition des cultivateurs herboristes de Milly et le 1er congrès des plantes médicinales des 22 et 29 juillet 1923


M. Chéron, ministre de l’Agriculture, et avec lui beaucoup de bon français, ont dit que le meilleur moyen de triompher de la crise économique résidait dans l’exploitation complète de notre bonne vieille terre.

La terre de France ! N’est-ce pas celle qui, chaque année, sous l’action bienfaisante du soleil printanier, livre à l’homme les plus beaux fruits, les plus belles récoltes, les plus riches moissons ? N’est-ce pas, d’ailleurs, cette situation climatique privilégiée qui lui vaut d’être jalousée, convoitée et assaillie par des voisins au sol ingrat, au climat rude ? Aussi, M. Chéron et tous ceux qui pensent comme lui ont-ils raison de dire et de répéter comme le bon La Fontaine : « Creusez, fouillez, retournez le sol ; il y a dedans l’indépendance économique… ». Or, on sait de quelle heureuse influence serait sur le cours des changes, sur la valeur de notre franc, notre entière indépendance économique !

Cette indépendance, il faut l’obtenir non seulement pour le blé, pour la betterave, pour le beurre, pour tous les aliments, il faut l’obtenir pour tout ce qui est indispensable à la vie ; or, pour modeste qu’il soit, le rôle des plantes médicinales n’ en existe pas moins ; et nous pouvons dire que si, en ce domaine, la France pouvait se suffire, ce serait des dizaines de millions qu’elle parviendrait encore à économiser.

On conçoit dès lors l’importance qu’a prise cette exposition de Milly – la plus riche région de France en plantes médicinales – et l’intérêt qu’y ont porté des savants comme MM. Perrot, Guérin, des économistes et hommes politiques comme MM. Reibel et Colrat, Guesnier, sénateur de Seine-et-Oise, Mollard, sénateur de la Savoie ; Maurice Bouilloux-Lafont, député ; Marcel Bouilloux-Lafont et de Ganay, conseillers généraux.

Leur présence à cette manifestation agricole avait une signification profonde ; elle voulait dire aux agriculteurs-herboristes : « Continuez votre tâche ; augmentez votre production ; faites des élèves ; la science, la chimie vous créeront des débouchés et les pouvoirs publics s’intéresseront à votre sort, puisque en servant vos intérêts, vous servez ceux de la France ! ».

L’exposition de Milly – qui continue d’aussi brillante façon qu’elle a débuté – est donc une importante expérience, d’une portée dépassant singulièrement les limites de la région ; tous ceux qui en assurèrent le succès, oranisateurs et exposants, auront droit à la reconnaissance du pays quand les résultats heureux apparaîtront.


L’exposition sous la Halle

Milly, dimanche matin, était en fête. Le ciel était bien un peu gris, mais on devinait, sous le brouillard, le gai soleil d’été, prêt à inonder la vallée de l’Ecole de ses ardents rayons.

Aux fenêtres, claquaient les étoffes tricolores ; aux devantures de nombreux magasins, les guirlandes de papier couraient en jolis festons. Beaucoup de monde – et de jolies toilettes – par les rues ; des automobiles et des bicyclettes en masse ; par le C.G.B., par l’autobus, les Etampois, les Maissois, les Parisiens arrivaient nombreux.

Naturellement, tout le monde se portait place du Marché : la très grande halle abritait l’exposition. Très jolie, la décoration de la place ; on reconnaissait les pylônes ayant servi pour l’inauguration du Monument aux Morts ; des drapeaux multicolores les ornaient ; mais – les Milliacois ne se formaliseront pas de cette simple observation – ils eussent gagné à être enguirlandés de verdure. Les Parisiens, visiteurs recherchés comme on sait, aiment tant voir du feuillage partout ; ça les change des décorations bois et carton de leur bonne ville.

Ceci dit, pénétrons sous la Halle, où règne la fraîcheur habituelle à ce genre de bâtiment – oh ! Etampes, attendras-tu longtemps encore une halle semblable – où règne, disons-nous, une fraîcheur, accrue encore par l’installation fort ingénieuse d’un superbe et rafraîchissant jet d’eau !


Sous la Halle, sont installés les stands, Messieurs les exposants nous excuseront si nous ne disons pas auquel d’entre eux nous aurions décerné la palme : le Jury ne s’est pas encore prononcé… Et d’ailleurs, nous leur avouerons franchement notre très vif plaisir de n’être pas membre de ce Jury et de n’avoir pas à faire un choix parmi des concurrents de valeur égale : toutes les expositions nous parurent d’un vif intérêt, d’une grande richesse et d’une présentation parfaite.

Prenons-les donc par ordre en commençant par la droite en entrant :

Stand Perrier, de Oncy, pour plantes sèches ; mélisse, pensée sauvage, menthe poivrée.

Stand Gauchet-Thorin, cultivateur-herboriste, 8 rue Saint-Vulfran ; toutes plantes médicinales installées sur un séchoir ; à signaler cette très instructive présentation du séchage.

Stand Dézert E., cultivateur-herboriste, 9, boulevard de l’Est : sauge, belladone ; fort beau pied d’angélique.

Stand Paillard et Leroy, de Courances, belle exposition de plantes sauvages et d’un beau pied de bourrache.

Stand Pallate, cultivateur-herboriste, qui montre, outre une intéressante collection de plantes, son très bon goût artistique ; sur une planche, son nom est composé avec des marrons coupés en deux ; les mots : cultivateur-herboriste, sont des galbules, tandis que Milly (Seine-et-Oise) sont des têtes de camomille romaine… Très original.

Famille Parratte
Stand Georges Paireau, cultivateur-herboriste, rue du faubourg de Melun ; avec une grande diversité de plantes, un superbe massif d’absinthe.

Stand Alexandre Peigné, cultivateur-herboriste, boulevard de l’Ouest : belle exposition de plantes sèches, origan, genêt, plantain, etc…

Stand Darney, de Courances : à remarquer parmi d’autres, de magnifiques pieds d’angélique avec graines.

Stand Boulineau-Tramblay, cultivateur-herboriste, faubourg Sain-Jacques ; de beaux bouquets de plantes sèches, menthe, basilic, etc. noués avec des rubans tricolores.

Stand veuve Gallois, cultivatrice-herboriste, rue Pachau : toutes les plantes, du bouillon blanc et… un très joli bouquet fait de bluets, de silènes renflées et de coquelicots.

Tout le fond de la Halle est occupé par la grande exposition de la maison S. Wagner. Il est impossible de ne pas s’y arrêter – l’aimable représentant vous y forçant d’ailleurs par l’offre d’un délicieux fondant. L’exposition Wagner montre les résultats obtenus par dix-sept années de labeur du savant et de ses collaborateurs. Les uns et les autres ont cherché précisément à s’émanciper de la tutelle étrangère et ils sont parvenus à obtenir de la menthe poivrée de Milly tout ce que l’on demandait à la menthe du Japon et notamment le menthol en efflorescences cristallisées. La menthe de Milly est aussi riche, sinon plus, que celle du Japon : toutes les analyses chimiques en témoignent. Il s’agissait d’en tirer les multiples dérivés : bonbons, fondants, dentifrices, boissons hygiéniques, menthol, poudre, etc. M. Wagner y est parvenu et ceux qui ont goûté à ses fondants peuvent en témoigner ! Son exposition est une grande leçon pour les industriels français ; elle est aussi un encouragement pour les Milliacois qui en tireront un légitime profit de cette ressource naturelle que la nature a prodigué à leur sol.


Stand Mainfroy, de Milly : belle exposition de toutes plantes, notamment de la rue.

Stand Paireau-Laurin, cultivateur-herboriste, 30 rue Saint-Pierre, à signaler parmi de très beaux lots, l’hysope.

Stand Morin, successeur de Morin-Barral, très joli présentation de toutes espèces de plantes, beaucoup de verdure, de superbes fenouils de chaque côté.

Stand Darbonne, frères, de Milly : stand superbe en tous points, comme présentation et comme exposition ; jolis massifs de palntes vivantes dans de la mousse : mélisse, racine de muguet, chardon bénit, menthe anglaise, etc… ; les vastes cultures des frères Darbonne s’étendent sur les territoires de Milly, Oncy, Noisy-sur-Ecole ; 8.000 mètres cubes de séchoirs.

Stand Thévenin-Mazars, cultivateurs-herboristes, 10 boulevard du Sud : superbe camomille romaine ; hysope, datura, cochléaria, etc., toutes plantes fort bien présentées.



Stand Thorin-Cirode, cultivateur-herboriste à Milly : dans de la mousse, forts beaux pieds d’hysope, de mélilot bleur, de grande absinthe.

Stand Thorin fils, cultivateur-herboriste, 32 faubourg Saint-Jacques : des rubans et de la verdure, des initiales et un Coeur fait de mousse, et un beau lot de plantes : saponaire, armoise, mélisse, guimauve, etc.
 Enfin, stand du doyen de Milly, M. Pierre Leblanc, âgé de 93 ans, présentant quatre-vingt treize espèces de plantes médicinales sèches, exposition qui représente toute une vie de labeur et qui, de ce fait, acquiert une valeur inestimable.

Les organisateurs n’ont pas voulu perdre de place ; et, pour ce, ils ont occupé le milieu de la halle par une exposition d’instruments agricoles, spéciales à ce genre de culture.

Il y a là les « Retro-force », représentés par M. I. Lannerée, constructeur-mécanicien à Milly ; à signaler une bien curieuse brouette plate, de petites bineuses, et toutes espèces d’outils agricoles.

Il y a là aussi le stand Pilter, représenté par M. Séguin, le sympathique et dévoué adjoint ; joli stand, où, dans un entourage fleuri de bégonias, de géraniums, on voit des rouleaux de jardin, des cultivateurs à mains, des houes à cheval, des houes à bras, des semoirs à bras, des faucilles et de la ficelle spéciale.

Il y a là enfin de superbes hortensias présentés par la maison Fernand Chanet, dépositaire d’engrais chimiques.

Ce n’est pas tout ; les parois de clôture elles-mêmes ont servi ; à droite et à gauche, s’étalent de magnifiques collections d’herbiers ; herbier régional de Milly,

9.000 plantes, signé Despaty ; herbier de toute beauté de l’école de Mespuits ; herbit de l’élève Chapart Jean, de Boigneville, comprenant 90 plantes sauvages. Bravo pour les instituteurs et institutrices qui donnent à leurs élèves l’amour du sol où ils sont nés.

Répétons-le : exposition parfaite, excessivement propre et de très bon goût. La halle, magnifiquement pavoisée, fit l’admiration de tous les visiteurs. Nous fûmes parmi les privilégiés qui purent y pénétrer dans la matinée, malgré la consigne que faisait observer avec une rigueur dont nous félicitons le dévoué garde-champêtre de la commune. Nous y rencontrâmes M. Gibert, le distingué président de l’Union des Commerçants Milliacois ; M. Séguin ; M. Lasserre ; M. Sella ; d’autres encore ; ils pouvaient vraiment être fiers de leur œuvre.

La Fête officielle, le Banquet, les Discours

A midi, partaient de l’Hôtel de Ville, les autorités locales et les principales personnalités du Congrès. Cortège non officiel qui se hâta vers l’hôtel du Lion-d’0r où avait lieu le banquet.

On avait compté sur quatre-vingts convives : mais le maître-queux de l’endroit,

M. Droual, ignorait-il que sa réputation avait franchi les limites milliacoises ? Ce furent cent quinze convives qui prirent place dans sa grande salle ! Cent quinze convives qui firent honneur à ce que le cuisinier réputé, trop modeste, avait appelé « un banquet populaire », à ce que nous appellerons un riche banquet. Pour

10 francs, M. Droual servit à ses convives des hors-d’œuvre, du poisson froid sauce milliacoise, du pâté chaud du Gâtinais, de l’agneau de lait à la broche, avec salade, du fromage, du gâteau Henri IV ; vin blanc, vin rouge et café pour faire glisser toutes ces choses exquises, servies en abondance. M. Droual a eu les félicitations officielles du professeur Perrot. Qu’il accepte aussi les nôtres. D’ailleurs, quel meilleur témoignage de la satisfaction des convives que « le nettoyage » des plats ! Et ceux de M. Droual furent-ils nettoyés » ?

Il n’y a pas de bons banquets sans de bons discours. Ce fut M. Aubry qui prit le premier la parole :

« Mesdames, Messieurs,

Au nom de la municipalité, je vous souhaite la bienvenue dans notre ville ; je vous remercie de votre empressement à nous faire l’honneur d’assister à l’inauguration de notre Foire des plantes médicinales qui est la première de ce genre en France.

Depuis un demi-siècle, nos cultivateurs ont continuellement cherché à améliorer leur culture et de ce fait sont arrivés à donner à leurs plantes la valeur qui les fait apprécier dans le monde entier.

Je lève mon verre en votre honneur, Messieurs, en l’honneur de M. Elbel, délégué du Ministre du Commerce ; de M. le sénateur Guesnier ; de M. le professeur Perrot ; de l’Office national des matières ; de M. le professeur Guérin ; de MM. Fabius de Champville, Combastel , Verlot et à votre santé à tous ».

Quant les applaudissements se furent tus, M. le Professeur Perrot après avoir remercié le Comité d’organisation de l’excellent accueil qui lui était fait à Milly, exposait dans quelles conditions, en pleine guerre, fut créé l’Office national des matières premières. Aucune organisation sérieuse n’existait pour permettre de tirer des plantes indigènes, les produits pharmaceutiques qu’on allait chercher jusqu’au Japon. L’office coordonna tous les efforts ; il y eut même à Milly il y a quatre ans, une réunion qu’on pourrait considérer comme le premier congrès ; depuis, son action s’est étendue ; il est devenu l’intermédiaire entre le savant, le producteur, le commerçant et le comité interministériel qui a compris la nécessité de développer cette branche si importante de la culture nationale. Aujourd’hui, nous ne sommes presque plus tributaires de l’étranger ; la production nationale des plantes médicinales se développe ; c’est à sa prospérité de la France que le professeur lève son verre.

Enfin, M. Guesnier apporta l’hommage et les encouragements du gouvernement aux cultivateurs-herboristes de Milly :

M. Guesnier entend laisser au professeur Perrot le soin de parler en maître de la culture des plantes médicinales, car s’il connaît bien au point de vue agricole la situation du département, il ignorait presque que la culture des plantes médicinales fut si importante à Milly. C’est cette particularité qu’on fête aujourd’hui et avec raison ; car si, par sa situation, la Seine-et-Oise s’acquitte avec honneur de la fonction d’alimenter le Gargantua parisien, il est tout naturel qu’il vienne avec les plantes médicinales contribuer à produire les plantes nécessaires à la santé des hommes qu’on avait dû demander précédemment d’une façon presque exclusive à l’étranger. C’est une heureuse innovation qu’il faut encourager.

Cette culture doit avoir comme directive la science, mais sa réalisation incombe au cultivateur qui est en toutes circonstances un infatigable remueur de terre. C’est lui qui doit sonder les lois invisibles de la nature et veiller à l’adaptation réciproque des plantes et du sol qui les produit.

Mais encore faut-il lui laisser continuer paisiblement son œuvre et faire fructifier cette terre de France qu’il a défendue contre l’invasion et lui permettre d’être le nourricier de la collectivité.

En poursuivant silencieusement sa besogne, il entend bien les louanges et les reproches qu’on lui adresse. Ne lui reproche-t-on pas d’être trop heureux, de ne pas payer d’impôts, d’être la cause de la vie chère ? Des impôts, il en paye largement sa part à l’exception de la taxe sur le chiffre d’affaires. Des affiches tendancieuses apposées sur nos murs l’ont représenté comme ne payant que le petit poids des impôts ; la réponse a été faite par un humoriste qui s’est souvenu de la fable du Gland et de la Citrouille ; en attachant la citrouille, symbole des gros poids, à la feuille d’impôt des cultivateurs, on ne tarderait pas à la voir retomber sur le consommateur qui serait mis à mal une fois de plus.

Non, le cultivateur ne demande pas à être le mieux partagé au point de vue fiscal. Il demande seulement que l’Etat lui permette d’acquérir à bon compte les produits qui lui sont nécessaires pour mettre les terres en valeur, azote synthétique, superphosphates,etc. Il ne demande que la paix extérieure pour garantir sa sécurité ; la paix intérieure pour assurer l’ordre social. Il ne s’intéresse pas à nos querelles politiques ; les questions économiques le touchent davantage.

« Il ne demande qu’une chose, dit M. Guesnier, c’est…

- Qu’on lui f… la paix, interrompt un auditeur.

- C’est qu’on lui laisse produire beaucoup, poursuit le sénateur de Seine-et-Oise. C’est qu’on respecte sa liberté individuelle pour lui permettre de travailler dans le droit et la légalité.

En terminant, M. Guesnier remerciait la municipalité de Milly de lui avoir donné cette occasion d’être mis en rapport avec les producteurs de plantes médicinales ce qui lui permet d’être mieux à même de comprendre et de défendre leurs intérêts, et c’est en l’honneur des cultivateurs et de leurs familles qu’il lève son verre et qu’il boit à leur prospérité.

La Visite officielle de l’Exposition

Le banquet finissait à trois heures moins le quart. En hâte, on regagna la Mairie pour saluer M. Colrat à son arrivée.

A trois heures battant, les gendarmes mettaient sabre au clair ; les pompiers, commandés par le sergent-major Limery, prenaient la position du garde à vous ; les musiciens entamaient la Marseillaise, sous la direction de M. Crampon, qui remplaçait M. Genevelle, démissionnaire depuis la semaine dernière ; M. Colrat, très exact et très pressé, arrivait en automobile.

Une rapide présentation avait lieu à la Mairie, puis un cortège se formait pour gagner l’exposition où le ministre était accueilli par M. Gibert, président du Comité Commercial et Industriel, qui le remerciait de la marque d’intérêt qu’il voulait bien porter à la foire aux plantes médicinales de Milly.

« Quoique ce soit la première, disait-il, ces diplômes, cette coupe et ces médailles montrent que nos exposants ont déjà porté au loin leur renommée. Aussi, nous avons tenu à offrir à nos visiteurs un exemple saisissant parce que complet. Entourées des instruments qui servent à leur culture, nos belles plantes sélectionnées ont réservé une place à leurs aïeules les plantes sauvages, les simples comme l’on disait autrefois. L’herboristerie ne rougira pas de ses modestes origine.

Puis, nous avons organisé un concours d’herbiers scolaires. Nos camarades herboristes de la jeune génération savent ce qu’ils doivent à l’instituteur, ce modeste et vaillant ouvrir de notre IIIème République.

Enfin, les produits tirés de ces plantes s’offriront aux gourmets sous forme de liqueurs et bonbons, ou comme médicaments, tâcheront de guérir ou d’atténuer les souffrances de notre pauvre humanité.

Ainsi, Monsieur le Ministre, loin de se combattre, le Commerce et l’Industrie unissent leurs efforts parce qu’ils savent que, malgré la Victoire si chèrement acquise, hélas, il leur faut gagner la Paix, parce qu’ils veulent que leur pays ne soit plus tributaire de l’étranger, et ils vous donnent ici l’assurance qu’ils continueront à collaborer ensemble, à unir leurs faibles forces pour contribuer à la grandeur de la Patrie.

La visite commençait aussitôt. M. Colrat s’intéressa vivement à toutes les choses qui lui furent présentées et dites ; il montra d’ailleurs au professeur Perrot qu’il n’était pas un igonorant en la matière, ayant aimé la nature et étudié la botanique avant d’être l’éminent garde des sceaux d’aujourd’hui.

Quelle bonne et réconfortante poignée de mains il eut pour papa Leblanc quand il apprit de M. Gilbert que le vieil herboriste voulait faire don aux élèves des écoles de ses herbiers.

- « Je ne vivrai pas 93 ans comme vous ! » lui dit-il amicalement.

La visite terminée, M. Colrat se devait d’adresser quelques mots à la foule milliacoise qui s’écrasait à l’entrée. Il le fit avec sa bonhomie habituelle.

Le ministre se félicitait que cet après-midi de vacances lui eut permis de venir constater le grand effort qui a été fait par les cultivateurs-herboristes avec l’aide précieuse de la science et du Comité commercial de Milly. Les producteurs de plantes médicinales ont donné là un grand exemple qui pourrait être imité par d’autres que les cultivateurs : Vous avez la grande chance, dit-il, de pouvoir exercer une intéressante industrie qui vous permet de rester près de la terre, de vivre en plein air d’une vie naturelle, normale et assurée. Je ne me permettrais pas de vous donner des conseils : les plantes que vous cultivez avec tant de succès s’appelaient autrefois des simples : elles sont utiles, discrètes, tâchons de leur ressembler.

La foule applaudit, heureuse après tout de cette brièveté qui lui évitait une longue attente sur la place surchauffée et lui livrait accès sous la halle.

De nouveau, le cortège officiel se forma et, aux accents des Allobroges, gagna la Mairie.

- Vous avez fait mentir ceux qui disent que souffler n’est pas jouer ! lança notre Ministre aux excellents musiciens, de qui c’était le tour d’applaudir.

Dans le salon d’honneur, se trouvèrent bientôt réunis toutes les personnalités ayant pris part tant au banquet qu’à la visite officielle ; on remarquait atour de MM. Colrat et Aubry, maire de Milly :

MM. Mollard, sénateur de la Savoie, - M. Guesnier ayant du repartir après le banquet - ; Maurice Bouilloux-Lafont, député ; Marcel Bouilloux-Lafont, de Ganay, conseillers généraux ; Riche, conseiller d’arrondissement ; Perrot, professeur à la faculté de pharmacie, président de l’Office national des matières premières ; Guérin, professeur à l’institut agronomique, président du Comité des plantes médicinales à Paris ; Elbel, sous-directeur au ministère du Commerce, représenant le Ministre ; Georges Courty, professeur à l’école des Travaux publics, président de la Société d’Horticulture d’Etampes ; Sédard, secrétaire de la Sous-Préfecture d’Etampes, représentant

M. Moine ; Aublanc et Terville, administrateurs de la société des Herboristes de France ; Combastel, professeur, président du Sous-Comité de Seine-et-Oise ; Wagner, docteur en pharmacie, secrétaire général du Comité des plantes médicinales de Paris ; Lemeste, vice-président de l’Association générale des Herboristes ; Gibert, président du Comité de la Foire des plantes médicinales.

MM. Cahen, secrétaire général de la Fédération des Commerçants détaillants de France ; Crenset, secrétaire de la Chambre de Commerce de Corbiel ; Randon, président du Comité commercial et industruel d’Etampes ; Verlot, ingénieur agronome du service commercila du P.O. ; Marcel Fougeron, ingénieur chimiste ; Fabius de Champville, rédacteur de l’Herboristerie Française ; Martin, publiciste agricole ; Levoux, droguiste à Paris ; Deschamps, juge de Paix ; Regnié, lieutenant de gendarmerie ; Ohresser, percepteur de Milly ; Rat, receveur municipal ; Danois, percepteur de Maisse ; Coulpier, professeur d’Agriculture et Mme Goulpier ; Lagouanelle, vice-président et Blot, membre de la Société d’Horticulutre d’Etampes ; Seguin, adjoint et Tombert, Darbonne, Brianot, Hamelin, Durier, Liard, conseillers municipaux de Milly ; Gouder, maire de Dannemois et de nombreuses personnalités de Milly et des environs ; M. le comte Hubert de Ganay, Mme la marquise de Ganay ; MM. Blot, Vignault, Boudard, Gallot ; la Société des Sciences de Seine-et-Oise ; le Cercle des Mutualistes Corbeillois ; les Membres du Groupement commercial, du Comité des Herboristes et de nombreux herboristes, droguistes, etc. etc.

Après la traditionnelle visite à la salle des délibérations du Conseil municipal, ministre et invités se réunissaient dans la salle des mariages où un vin d’honneur leur était servi.


M. Aubry portait en ces termes un toast à M. Colrat :

Monsieur le Ministre,

Permettez-moi de vous exprimer tout le plaisir que nous éprouvons à vous recevoir dans notre ville de Milly-en-Gâtinais, et de vous remercier bien vivement de l’honneur que vous nous avez fait en venant inaugurer notre Foire des Plantes Médicinales (la première de ce genre en France).

On peut dire que cette foire est un exemple vivant de notre activité nationale à l’heure où la France est encore tributaire de l’étranger pour les produits de l’herboristerie.

Nous sommes fiers de vous avoir aujourd’hui parmi nous et nous vous prions de vouloir bien vous faire notre interprète auprès du gouvernement pour lui présenter l’expression de notre entière gratitude.

Je lève mon verre, Messieurs, en l’honneur de M. Colrat, notre sympathique député, garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

Je bois enfin en l’honneur de tous les organisateurs de cette jolie fête de l’herboristerie.

M. Colrat remerciait M. Aubry des sentiments qu’il venait d’exprimer à son égard et à celui du gouvernement dont il fait partie :

Il se déclarait très heureux d’avoir pu visiter l’intéressante exposition des cultivateurs-herboristes et de constater le gros effort qui a été fait à Milly : « Le Gatinais est déjà célèbre, disait-il, par son miel, il va le devenir encore plus par ses plantes médicinales ». Il souhaitait à tous les habitants de Milly que les vertus de ces plantes leur permettent d’attendre l’âge de ce vert gaillard de 93 ans qu’il avait respectivement salué à l’entée de l’exposition : « Messieurs, disait-il en terminant, je ne suis pas venu ici pour discourir ; continuez votre œuvre, intéressez-y beaucoup de gens. En ce qui me concerne, je n’ai tiré de cette visite que des avantages, j’ai vu, j’ai appris et je suis très heureux, Monsieur le Maire, de porter votre santé personnelle et la santé de tous les habitants de la commune de Milly ».

La réunion prenait fin à 4 heures et tout l’intérêt se portait vers la Halle où l’exposition retenait de nombreux visiteurs et à la fête foraine très animée qui se tenait place du Colombier.

L’Abeille d’Etampes du 28 juillet 1923    

samedi 6 novembre 2010

La foire Saint-Simon à Milly-la-Forêt


La foire de Saint-Simon qui était, il y a des années, la plus importante des foires de bestiaux des environs, a été tenue jeudi dernier, et, il faut le dire, elle a donné lieu à des transactions commerciales très peu nombreuses : quelques vaches, des ânes, des chevaux en petit nombre, c’est tout ce qui y a figuré rappelant l’antique foire. En revanche, un manège de chevaux de bois a entraîné toute la journée dans sa course bruyante et vertigineuse les cavaliers et écuyères de l’avenir. Quelques marchands forains, et ça été toute notre foire. La Saint-Simon se meurt. Le chemin de fer seul peut nous aider à en renouveler et relever les attraits.


L'Abeille d'Etampes du 4 novembre 1905.

vendredi 8 octobre 2010

Le monument de la Résistance à Noisy sur Ecole

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Ce monument imposant se dresse sur l’étroite platière rocheuse qui surplombe la Vallée Close. Il se présente sous la forme d’une pyramide tronquée en grès dur surmontée d’une Croix de Lorraine ; le tout mesure 10,30 m de hauteur dont 3,30 m pour la seule croix ; le poids total en est de 110 tonnes.

L’ensemble fut érigé au lieu géographique où fonctionnait, pendant l’occupation allemande, le projecteur de liaison avec les avions venus d’Outre-Manche, porteurs d’armes et de munitions largués par parachutes dans la Vallée de la Mée. Il glorifie les sacrifices du réseau « Publican » créé en 1942. Une plaque rappelle les noms des 5 morts et des 18 déportés de cette organisation clandestine. Son inauguration officielle eut lieu le 22 Juin 1946 en présence du Général REVERS et du Maréchal SALISBURY.



Le réseau Ernest Publican est crée à la fin 1942 par Maurice Braun (alias Ernest, alias Marcel Barde ou encore Letellier), commandant de réserve et chef de mission des FFC (forces Françaises Combattantes) et par le capitaine Marcel Fox, ancien officier de l’armée britannique en 1939-1940 et officier du SOE (Special Operations Executive).

Ce réseau se rattache au vaste réseau de renseignements du colonel Buckmaster (SOE). L’organisation clandestine, implantée en différents points de la région parisienne (nord de la Seine-et-Marne – secteur de Meaux et dans l’Oise secteur de Brégy et de Versigny) a pour mission le sabotage de lignes de chemin de fer, de gares de triage, d’usines mécaniques et aéronautiques.

Maurice Braun et Marcel Fox préparent minutieusement un parachutage d’armes et de munitions en forêt de Fontainebleau.

Pour ce faire, ils recrutent localement une équipe de réception et de sécurité : Emile Bouchut, forestier, connaît bien le terrain et les sentiers de la forêt. Il est accompagné dans son travail par Benjamin Destré, garde-chasse du Bois-Rond, également habitué de la forêt. Ces deux hommes aidés du jeune Lucien Saroul (18 ans) et du maçon Raphaël Bourdin délimitent le secteur géographique du parachutage: ce sera « la Croix Saint-Jérome » dans « la Vallée Close », clairière sablonneuse du sud du « massif des Trois Pignons » entre Arbonne-la-Forêt et Noisy-sur-Ecole. C’est un site escarpé, difficile d’accès, que les Allemands ne parviendront pas à identifier. A ce noyau dur d’agents, vient s’en greffer d’autres : ainsi, le capitaine Eugène Defontaine, industriel, qui propose d’utiliser une grotte (« la grotte de Rochebelle ») située dans sa propriété pour entreposer les armes parachutées. On compte aussi dans les rangs du groupe Publican de Noisy, Charles Bourgelat, Eugène Thailler, ancien combattant de 14-18, Antoine et Lucie Stimac.

Le parachutage de la Vallée Close dans la nuit du 21-22 juin 1943 :

Le message: « C’est en Touraine qu’on parle le meilleur français », annonçant le parachutage, passe sur les ondes de Radio Londres. Dans la nuit de pleine lune du 21 au 22 juillet 1943, 10 containers sont parachutés au lieu dit « La Vallée close ». Marcel Fox et Maurice Braun assurent le guidage des avions en maniant des signaux lumineux en haut d’un piton rocheux (« La Roche au Four ») qui surplombe la vallée encaissée. Les containers largués contiennent des mitraillettes Sten de 9mm, des pistolets, des grenades incendiaires, des mines antichars, des provisions de chargeurs, des pains de plastic, des détonateurs, des tubes et boîtes d’abrasif pour le sabotage des essieux et des wagons de train. Parachutage et réception sont réussis.

En deux voyages, le charretier auguste Van Den Kinderen transporte toute la cargaison jusqu’à la grotte de Rochebelle, devenue aujourd’hui la « grotte du parachutiste ».

Une seconde opération est organisée pour une prochaine lunaison, avec pour message : « Paulette sois bien sage, ton papa pense bien à toi ».

Mais cette nuit-là, plusieurs faits empêchent le parachutage : un bombardement allié dans la région de Melun, l’édification récente par les Allemands d’une tour de guet non loin de là et un chasseur de nuit rodant dans la région. Par prudence, l’équipe se sépare et le parachutage avorte. Armes et munitions stockées dans la grotte sont ventilées vers Arbonne-la-Forêt, Château-Landon, Brie-Comte-Robert et Paris.

Maurice Braun et Marcel Fox, responsables d’Ernest Publican, continuent leurs activités de parachutages dans l’Oise.

Au cours de l’été 1943, le réseau Publican est démantelé par la Gestapo. Maurice Braun est arrêté à Paris et interné près de 12 mois à la prison de Fresnes. Le 15 août 1944, il fait partie du dernier convoi de déportés partant pour Buchenwald. Il en revient miraculeusement en 1945. Marcel Fox, arrêté lui aussi, est déporté au camp de Flossembourg, où il est pendu à la veille de la délivrance par les troupes américaines.


vendredi 1 octobre 2010

Inauguration de la chapelle Saint-Blaise de Milly-la-Forêt

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Milly : Décorée par Jean COCTEAU, La Chapelle St Blaise des Simples, ouvrira ses portes, le Samedi 23 Avril, en présence de M. Malraux.



La visite de la chapelle décorée par M. Jean Cocteau, citoyen d’honneur de Milly-la-Forêt, sera possible les samedi et dimanche de chaque semaine, à partir du dimanche 24 Avril.

Cette œuvre qui a été réalisée grâce à des capitaux privés et prêtés à l’association des Amis de la Chapelle (association régulièrement déclarée au J.O. du 25 Octobre 1959) est destinée à embellir le patrimoine communal . Les bénéfices ultérieurs de la visite seront répartis au bureau d’aide sociale et aux sociétés de la ville, tant artistiques et sportives que communales, puisque cette association est à but philanthropique.

Le prix d’entrée est fixé à 1 nouveau franc, avec réduction pour les enfants et collectivités. Une série de cartes postales sera émise en exclusivité et en vente à la chapelle et en ville. Ultérieurement, une brochure due à M. Jean Cocteau sera éditée, relatant l’histoire de la chapelle et abondamment illustrée.

Le samedi 23, l’Association recevra M. André Malraux, ministre des Affaires culturelles, en présence de M. Jean Cocteau, et des personnalités officielles du département, sur invitations, selon le vœu du décorateur.

Un film documentaire réalisé sur Milly et la chapelle sera présenté en privé, salle de la Renaissance, à 16 h 30. Les invités seront accueillis par la municipalité et le syndicat d’initiative au cours d’un vin d’honneur.

Presse, radiodiffusion et télévision seront présents.

Depuis déjà de nombreux mois, les touristes demandaient à visiter la chapelle. Il y a certitude que celle-ci va constituer un pôle d’attraction pour Milly, pendant tous les beaux jours de la saison, tout comme la chapelle de Villefranche-sur-Mer qui fut la première décorée par M. Cocteau.

Milly, déjà si connu, va poursuivre ainsi son programme grâce à des réalisateurs dévoués et compétents qui n’ont pas hésité à prendre cette initiative et à la mener à bonne fin.

Il est de toute justice de rendre hommage à l’aimable et talentueux Jean Cocteau et à l’instigateur initial, M. Poirrier, aidé par M. Houdy, de remercier tous les membres de l’Association des Amis de la Chapelle, sans qui rien n’aurait pu être fait, le bureau d’Aide Sociale qui consentit un bail à cette dernière, M. Pierre Darbonne, maire, et sa municipalité, et le Syndicat d’Initiative qui encourageront cette réalisation.

Signalons, pour terminer, que la chapelle fera l’objet d’une bénédiction solennelle, ultérieurement, en juin, probablement, au cours d’une messe en plein air qui sera dite aux intentions de Saint Blaise.

Le Républicain du 14 avril 1960


Après l’inauguration de la Chapelle Saint-Blaise à Milly la Forêt, JEAN COCTEAU :


« Je suis heureux que la joie que j’ai de vivre à Milly se répande autour de ma maison, dans la chapelle et y vienne fleurir ».

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« Je suis un terrible bavard, mais un très mauvais orateur » devait déclarer Jean Cocteau, répondant aux compliments que venait de lui adresser M. Darbonne, maire de Milly. Il sut pourtant dire en peu de mots, et avec quelque humour, tant à la Mairie que devant les caméras de la Télévision, quelles joies, quelles peines lui avait données la décoration de la Chapelle de Milly « Saint Blaise des Simples », ce n’était pas seulement l’histoire étrange de cette chapelle qui l’avait séduit, mais aussi le double sens du mot «simple » ; herbe qui guérit, homme simple. Il y avait donc là un sens à exprimer. Ce dont Jean Cocteau s’est admirablement tiré. Avec une remarquable modestie, il sut aussi féliciter les adjoints au maire pour l’aide qu’ils lui avaient fournie dans ses travaux de peinture – parfois acrobatiques. Devant les caméras de la Télévision il fut plus impressionné, mais se tira avec bonheur de cette difficile épreuve.
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Attendue depuis plusieurs mois, l’inauguration des décorations de la Chapelle St Blaise des Simples, œuvre de Jean Cocteau, a eu lieu samedi dernier 23 Avril sous la présidence du chef adjoint du cabinet de M. André Malraux entouré de nombreuses personnalités tant de Paris que du Département et de ceux voisins ainsi que de Milly.

Le programme de cette manifestation était le suivant : A 16 h 30 rendez-vous à la Salle de Cinéma « La Renaissance » pour assister à une projection d’un film en couleurs représentant des vues panoramiques des différents sites milliacois, et de la chapelle avec ses décorations. Ce film fut exécuté par Philippe Joulis et Kihm. Ensuite, visite de la Chapelle où le Maître donna les explications de son œuvre et où on put admirer les plantes dites « simples » qui guérisse aconit, colchique, gentianes, menthe, belladone, etc… ainsi que la très belle scène de la Résurrection au-dessus de l’autel, et le chat médiéval entre les pattes duquel se trouver la signature et la date 1959.

A 18 h 30, eut lieu une réception par M. le Maire et la Municipalité dans les salles de la Mairie. Une allocution fut prononcée par M. Pierre Darbonne, maire, qui remercia l’illustre académicien et citoyen d’Honneur de Milly d’avoir bien voulu apporter son talent à la décoration de cette vieille chapelle St Blaise, ancienne dépendance d’une léproserie du moyen âge, associant dans ses remerciements Messieurs Houdy et Poirrier qui furent les promoteurs de cette restauration ; ainsi que tous ceux qui contribuèrent au succès de cette manifestation.

Jean Cocteau remercia Monsieur le Maire des aimables paroles prononcées à son égard. « Je suis, dit-il, un incorrigible bavard mais un très mauvais orateur ». On l’écoute cependant avec beaucoup de plaisir. Parmi les très nombreuses personnalités présentes, citons en quelques unes reconnues au hasard : M. Erignac, Sous-Préfet de Corbeil, remplaçant M. le Préfet Demange retenu ; MM. Boscher et Pobet, députés ; M. l’Abbé Hup, curé doyen de Milly accompagné d’un représentant de l’Evêché de Versailles ; M. Delaunay, juge d’instruction de Corbeil, M. Causse, inspecteur primaire ; M. le Capitaine Devred d’Etampes ; M. Denis, Conseiller Général ; M. De Ganay, Conseiller général ; M. le Commandant Piqueret, des Sapeurs Pompiers d’Etampes ; l’acteur Maurice Teynac, M. le Maire de Fontainebleau et de nombreux maires des environs, M. Dubois de la B.I.C.S. de Corbeil, les représentants de la grande presse et de la presse locale, la télévision, etc…




La journée du dimanche vit un nombre considérable de visiteurs pour admirer les peintures du Maître et vitraux œuvre d’un verrier rhénan sur dessin de Jean Cocteau.
Le soir à la télévision, nous eûmes le plaisir de revoir la chapelle et d’entendre les explications données par le Maître.

Le Républicain du 28 avril 1960

 

Consécration de la Chapelle St Blaise des Simples


C’est à une grande cérémonie que sont conviés tous les fidèles et les nombreux admirateurs du maître Jean Cocteau, le Dimanche 19 Juin à 11 heures à la Chapelle.

Une grande messe en plein air qui suivra la consécration se tiendra à l’issue d’une grande procession, venait de l’église Notre-Dame.

Cette procession qui empruntera les boulevards sud de Milly partira à 10 h 45. Elle comportera le très apprécié « bataillon des enfants de chœurs » si renommé, tous les communiants et renouvelants de la semaine précédente, la chorale des petits chanteurs de Janson de Sailly, enfin les reliques de St Blaise, qui seront portés solennellement à leur lieu définitif.

La solennité sera placée sous la présidence effective de Mgr Gillet, auxiliaire de Mgr le cardinal Feltin, qui prononcera le panégyrique du grand Saint.

M. Jean Cocteau sera présent avec les autorités municipales et l’entrée de la chapelle sera gratuite toute la matinée.

Enfin, la cérémonie sera sonorisée et la Télévision sera également présente.

Devant la foule nombreuse qui sera présente et en raison d’une certaine exiguïté du terre plein devant la chapelle, les fidèles stationneront, durant la messe, tout autour de l’enceinte du square.

La date du 19 Juin marquera dans les annales de Milly et plus particulièrement dans celles de la chapelle, qui va ainsi retrouver ses lettres de noblesse disparues depuis le XIIème siècle.

Le Républicain du 16 juin 1960


 

A noter  :


Dans le cadre des commémorations autour de Jean Cocteau, décédé le 11 octobre 1963, la Ville de Milly-la-Forêt, en partenariat avec l’association des Amis de la Chapelle Saint-Blaise-des-Simples, propose jusqu’au 31 octobre à l’Espace culturel Paul Bédu une exposition sur les chapelles peintes par Jean Cocteau à Fréjus, Villefranche-sur-Mer et Londres.
En écho aux décorations de la Chapelle Saint-Blaise réalisées en 1959, vous pourrez découvrir ces fresques - dont on connait l’existence sans les avoir réellement vues ! - au travers de photographies de très grand format afin de procurer une vision presque grandeur nature.
Les chapelles Notre-Dame-de-Jérusalem de Fréjus, Saint-Pierre de Villefranche et Notre-Dame de France de Londres seront ainsi pour quelques semaines comme transportées à Milly-la-Forêt… Une chance unique de voyager et de découvrir ces trésors sans se déplacer !

 
Espace culturel Paul Bédu
Du 2 au 31 octobre
Du mercredi au dimanche de 14h à 18h
Entrée libre

mardi 14 septembre 2010

Milly-la-Forêt sur la TNT

Du 27 septembre au 2 octobre 2010, Milly-la-Forêt sera à l’honneur sur la chaîne IDF1 -visible sur la TNT- dans l’émission "IDF1 Chez Vous" présentée par Linda Lacoste, Gaël Pollès et Michèle Cotta, du lundi au vendredi, à 8h30 et à 15h30.

Chaque semaine "IDF1 Chez Vous" met en lumière une nouvelle ville d’Île-de-France avec :

Une interview du Maire par Michèle Cotta

Gaël, le globe-trotter qui nous ouvre les portes de la ville : présentation du patrimoine, de l’histoire, des monuments et des quartiers incontournables, mais aussi interviews des animateurs culturels et des commerçants.

Linda qui part à la rencontre des talents de la ville qui nous font découvrir leur travail et leurs activités.

Le tournage a eu lieu à Milly-la-Forêt les 8 et 10 septembre derniers.

Programme de diffusion :

LUNDI 27 SEPTEMBRE

François Orcel, Maire, à travers la ville avec Gaël Pollès
À 6h58, 8h20, 9h17, 10h29 et 11h

L’entreprise Darégal avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

MARDI 28 SEPTEMBRE

Le Cyclop présenté par Annick Leroy avec Gaël Pollès
À 6h58, 8h20, 9h17, 10h29 et 11h

Janusz Reszka présente son travail avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

MERCREDI 29 SEPTEMBRE

L’Espace culturel Paul Bédu présenté par Virginie McAvoy avec Gaël Pollès
À 6h58, 8h20, 9h17, 10h29 et 11h

Le Club de volley-ball de Milly-la-Forêt avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

JEUDI 30 SEPTEMBRE

L’abri orné du massif du Coquibus présenté par Bernard Arnal avec Gaël Pollès
À 8h20

Le menhir "La pierre droite" présenté par Bernard Arnal avec Gaël Pollès
À 9h17

La Chapelle Saint-Blaise des Simples présentée par Audrey Héry avec Gaël Pollès
À 10h29

La Halle présentée par Audrey Héry avec Gaël Pollès
À 11h

La boutique Millymenthe présentée par Mauricette Clech avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

VENDREDI 1er OCTOBRE

Le Conservatoire des plantes présenté par Bernard Pasquier et Audrey Krebs avec Gaël Pollès
À 6h58, 8h20, 9h17, 10h29 et 11h

Le pavé de la Halle présenté par m. et Mme Jeandre avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

SAMEDI 2 OCTOBRE

Interview du Maire François Orcel par Michèle Cotta
À 13h

dimanche 5 septembre 2010

1944 : Souvenirs d'enfance

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Printemps 1944 :
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En fin de matinée, je me trouvais dans la maison avec mes frères et mes parents quand 1 véhicule de commandement de la Wehrmacht, suivi de 5 camions remplis de matériels et de soldats s'arrête devant le perron. Ce convoi occupait tout le chemin allant de la maison au portail (que nous ne fermions pas à clef). Le commandant a monté l'escalier, a sonné à la porte, mon père a ouvert, cet officier l'a salué puis s'est présenté. La raison de cette intrusion est expliquée à mon père:

REQUISITION pour installation d'une pièce d’artillerie ....? (c’est, peut-être, cette pièce qui a été installée à la Guichère ?).

Mon père a alors demandé à cet officier de lui montrer l'ordre de réquisition. L'officier n'en n'avait pas mais s'est empressé d'ajouter qu'il allait immédiatement faire tamponner un tel ordre par la mairie de Milly. Deux heures plus tard, ce même officier est revenu très contrarié car la mairie de Milly n'était pas compétente pour régulariser un tel ordre, la villa Les Charmes dépendant de la commune de Noisy-sur-Ecole (mon père s'était bien gardé de le lui dire) et, curieusement, cet officier toujours très poli, a décidé de repartir avec son convoi.....! Je crois que nous avons eu une sacrée chance.

Villa des Charmes, route de Fontainebleau



Dimanche 20 août 1944.

Ce dimanche 20 août 1944, mes parents avaient convenu avec l’un de leurs amis, habitant Fontainebleau, de lui rendre visite. La famille (mon père : 34ans, ma mère : 29ans, mon frère ainé : 10an et moi : 8ans1/2) s'installe vers 10h dans la voiture de mon père, une Chrysler Impérial 1938 (beaucoup d'effet vue de l'avant......, mais l'arrière occupé par un gazogène ......avait moins d'allure !) et nous voilà partis pour Fontainebleau. A l'entrée de Fontainebleau, là où se trouvait la tour en bois de l'ancien octroi, panne totale...! (on avait l'habitude....). Mes parents décident, alors, que mon père allait s'occuper de la voiture et que ma mère, avec les enfants, allaient continuer à pieds pour rejoindre cet ami qui était aussi mon parrain. Nous rejoignons donc mon parrain avec qui nous déjeunons sans aucune nouvelle de mon père. Dès le début de l'après-midi, des rumeurs ont prétendu que les allemands semblaient être plein désarroi. Il semblait se passer quelque chose de très grave....!

Quoique toujours sans nouvelles de mon père, ma mère décida de repartir, à la maison, à pieds. Et nous voici sur la route d'Arbonne, parfois entourés d'allemands en guenilles poussant des charrettes, l'air hagard. Ma mère n'était pas du tout rassurée, mais pas question de faire demi-tour. L'ambiance sur la route était telle que ma mère préféra continuer hors de la route, sous bois. Finalement nous sommes arrivés à Arbonne et là, stupeur, deux énormes trous, l'un derrière l'autre, sur toute la largeur de la route, qui n'existaient pas le matin. Nous étions encore à 3kms de la maison. Nous avons continué ensuite, parfois sur route, parfois dans les bois (où nous avons vu un réservoir de réserve de carburant, en carton compressé, largué par un avion). A 300m de la maison, juste avant le croisement de la route d'Arbonne avec la route des Grandes Vallées conduisant à Noisy-sur-Ecole, au milieu de la route, nous avons vu un char abandonné avec des fils qui en sortaient et se dirigeaient dans les bois.....! Nous sommes passés et avons rejoint Les Charmes. Ouf...! (J'ignore ce qu'il est advenu de ce char ...? A-t-il explosé ?)

Mais de mon père, aucune nouvelle !

Finalement vers 10/11h du soir, mon père est arrivé sur un vélo préhistorique dont les jantes étaient enrobées de boudins en ersatz de caoutchouc noir.

Après la panne, mon père avait trouvé un garagiste pour remorquer sa voiture jusque dans une grange qu'il était arrivé à louer. Puis, après avoir recouvert la voiture de paille en faisant attention au feu que le gazogène aurait pu provoquer, mon père est allé déjeuner au restaurant Arrigui (je viens de voir sur Google que ce restaurant existe toujours). Mon père connaissait bien le patron. Il lui a prêté un vélo en parfait état, mais après quelques kilomètres, mon père a été arrêté par un groupe d'allemands qui ont échangé le vélo d'Arrighi contre le vieux tacot que j'ai décrit plus haut. Divers objets lui avaient aussi été dérobés.

Mais quel soulagement de nous retrouver sains et saufs !

Quelle chance, aussi, qu'aucuns groupes d’allemands n'aient investi notre maison pendant cette période !



Mardi 22 août 1944

Le 22 août 1944, j'avais presque 9 ans, je me trouvais, avec mes parents, mes deux frères et deux domestiques, dans la propriété "Les Charmes" entre Milly et Arbonne sur la route de la Libération. A 300m du Coquibus. La maison était en retrait de la route d'environ 50 mètres. Toute la journée, les allemands, dans un convoi ininterrompu, complètement débraillés et hagards se dirigeaient vers Milly...? J'ai assisté dans l'après-midi à un combat aérien juste au-dessus de la propriété. Le soir venu, mon père a fait coucher tout le monde dans des pièces de la cave dont les ouvertures vers l'extérieur avaient été protégées par des sacs de sable. Difficile de dormir, de nombreux tirs et explosions se faisaient entendre et semblant provenir de la plaine de la ferme Saint-Georges (j'ai vu quelques jours plus tard, à la hauteur de cette ferme, de nombreuses carcasses de véhicules calcinés). Puis un certain calme. Au petit matin du 23, nous nous sommes risqués à l'extérieur de la maison et, en se rapprochant du portail, nous avons aperçu une colonne ininterrompue de soldats, de tanks et de camions se dirigeant vers Arbonne. La langue parlée n'était plus l'allemand mais l'anglais...!

Nous venions, à notre tour d'être libérés...!

Camion Allemand incendié après mitraillage par les Mosquitos en face la ferme St Georges près Milly Route de Fontainebleau le 22-8-44

Une joie indéfinissable s'est emparée de nous. Ma mère s'est précipitée pour fixer au-dessus des colonnes du portail, d'un côté le drapeau français, de l'autre le drapeau norvégien (ma mère était norvégienne). Quelques jours plus tard un capitaine de l'armée américaine, d'origine norvégienne, et installé dans un camp juste à côté de chez nous, nous a rendu visite. Il s'en est suivi de nombreuses fêtes organisées par mes parents avec des officiers de l'armée américaine. Par gentillesse, lors du départ de la région de cette unité, plusieurs jerricans d'essence avaient été cachés sous des branchages, en cadeau pour mon père. Pendant des semaines, des convois militaires se sont succédés sans aucune interruption. Il suffisait de sortir de la propriété, de faire quelques mètres sur le bord de la route, pour recevoir des dizaines de paquets de gâteaux, de chewing-gum et de cigarettes (par paquets de cinq et essentiellement des "Chesterfield" et des "Camel")


Un jour que je me promenais avec mon chien, un berger allemand, sur la route, à 50m de notre portail, en direction d'Arbonne, j'aperçois un GMC arrêté au bord de la route. Je m'approche, et je vois une dizaine de soldats noirs américains, assis par terre, en train de manger. Quand ils m'ont vu, aussitôt ils m'ont appelé et m'ont offert de tout, ils ont tous été d'une gentillesse extrême que je n'oublierai jamais.


Voilà, je voulais raconter cette petite tranche vécue liée à la libération de Milly où j'ai souvent vécu entre 1942 et 1950.

Victor Moritz

Je remercie vivement Monsieur Victor Moritz, de m'avoir fait part de ces témoignages, afin d'enrichir l'histoire de Milly. 

dimanche 29 août 2010

La rue Saint-Pierre à Milly-la-Forêt

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Va du boulevard de l’Ouest (aujourd'hui Bd Félix Eboué) au Cimetière du même nom. Entre le boulevard et la Bonde s’appelait anciennement rue de Galles, en souvenir du Prince de Galles dont les troupes pillèrent Milly à plusieurs reprises, au XIVe siècle. L’autre partie se nommait rue d’Orge ; puis, sous la Révolution, la rue Saint-Pierre s’appela Faubourg de la Montagne.


A droite de la rue Saint-Pierre se trouve le « Clos Saint-Pierre » qui dépendait du château de Milly. A la fin du XVIIIe siècle, cet enclos s’appelait « la Faisanderie » et le duc de Grammont y fit construire des petites maisons pour son veneur et pour ses piqueurs.

C’est l’anciennne propriété dite du « Chenil ». On élevait là les chiens pour les chasses royales au XVe siècle. Les comptes de la maison du Roi, à cette époque, en font mention.

A l’est du clos Saint-Pierre à l’angle de la route de Maisse et de la rue de l’Eglise, existait une mare à l’endroit aujourd’hui planté d’arbres. C’était un des endroits où on brûlait le chanvre.

Face à l’avenue du Roussay et à l’angle du chemin des Fermes est le lieu-dit : « La Porte au Roy » et la « Dollière » entre ladite route et la ruelle des Morts.

A la rue de Châtillon s’élevait anciennement une croix nommée « Croix-Hareng ».

La porte Saint-Pierre, ou du Pont de la Corne, qui commandait la route d’Etampes à Fontainebleau, s’élevait à côté de l’auberge de la Corne près de la Bonde.


Lavoir de  Bonde, devant le Château
Milly s’élevait anciennement dans la plaine Saint-Pierre. Il s’étendait depuis le Puits-Pâtre, vers le côté de Maisse et jusqu’à Châtillon. Il fut brûlé et pillé par les anglais en 1356, 1358, 1371, 1422, et détruit entièrement en 1432. C’est alors que les habitants reconstruisirent leurs habitations autour du quartier Juif où se trouve la ville actuelle.


De 1830 à 1840, on fit de gros travaux pour mettre toute la plaine Saint-Pierre en état de culture. Toutes les substructions furent arrachées. On en rencontre encore à faible profondeur en quelques endroits.

En face du cimetière se trouve une petite ruelle qui s’appelait autrefois « ruelles de Saint-Pierre ». On y voit encore l’emplacement de ce puits.


Qartier du Puits-Patre, carrefour de la rue Saint-Pierre et de la rue Pachau.
Le cimetière venait jusqu’aux maisons qui lui font face. En 1864, on ne pouvait plus enterrer dans la partie aujourd’hui plantée d’arbres. Le sol n’était qu’un amas d’ossements d’où s’élevaient des exhalaisons dangereuses. Il était alors impossible d’ouvrir une fosse tant les ossements étaient nombreux. C’est alors que l’agrandissement du cimetière fut décidé. En procédant aux travaux, les ouvriers mirent à jour de magnifiques sépultures mérovingiennes dont les sarcophages sont conservés dans le cimetière et les armes et bijoux à l’Hôtel-de-Ville. Depuis, de nombreux sarcophages, de différentes époques, ont été trouvés à une profondeur de 3,50 m environ. Au-dessus, à un mètre du sol on retrouve le pavage d’une place ou d’une rue.


On voit dans le cimetière la tombe du général de Bellavène, organisateur des Ecoles de Saint-Cyr et de Fontainebleau, décédé à Milly en 1826, au château du Roussay ; la sépulture du célèbre graveur Lalauze ; une chapelle élevée en 1845, pour recueillir les restes de 13 seigneurs de Milly dont les ossements avaient été jetés pêle-mêle dans les caveaux de l’église, à la Révolution. Les derniers marquis du Lau furent également inhumés sous la chapelle.

Au milieu du cimetière se trouvait l’église Saint-Pierre qui fut sans nul doute le premier temple chrétien édifié à Milly. A l’époque mérovingienne, l’église devait avoir une certaine importance en raison de l’étendue de Milly et de la proximité de la Cour au château royal de Maison-Forest (Saint-Georges). On enterrait à Milly les puissants Comtes du Gâtinais, ainsi que le prouve un fait de chevalerie qui se déroula à Milly en 877 devant la Cour et qui valut à Ingelger le Comté d’Anjou.


Carrefour de la rue Saint-Pierre et de la rue de Chatillon.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).